
Les vacances à la plage constituent une forme de tourisme ancienne, dont l'essor s'est accéléré au 10-neuvième siècle avec le chemin de fer puis, au vingtième, avec les congés payés. Le littoral est aujourd'hui l'un des espaces les plus fréquentés au monde pendant la saison estivale.
Les premières stations balnéaires européennes apparaissent au 10-huitième siècle, et le motif initial n'est pas le plaisir : c'est la santé. Les bains de mer sont prescrits par des médecins anglais pour leurs vertus supposées, dans une eau froide et sous surveillance, avec des cabines roulantes qui préservent la pudeur.
Le bronzage, lui, est longtemps un marqueur social négatif : il signale le travail au grand air. Son inversion, la peau hâlée comme signe de loisir et de moyens, date des années 1920 et 1930, et elle a transformé complètement l'usage de la plage.
Le tourisme balnéaire est le plus saisonnier de tous. Une commune littorale peut voir sa population multipliée par 5 ou 10 pendant 6 semaines, ce qui pose des problèmes de dimensionnement sans équivalent : réseaux d'eau, assainissement, collecte des déchets, secours, stationnement, tout doit être calibré sur une pointe qui ne dure qu'un mois et demi.
Cette concentration explique aussi la structure de l'emploi local : saisonnier, précaire, et confronté à une pénurie de logements, les habitations disponibles étant précisément celles qui se louent aux vacanciers.

L'artificialisation des côtes est l'un des phénomènes les mieux documentés de l'aménagement français. Elle a conduit à la loi Littoral de 1986, qui limite l'urbanisation en bordure de mer, impose une bande inconstructible et protège les espaces remarquables.
Le Conservatoire du littoral, créé en 1975, acquiert des terrains pour les soustraire définitivement à l'urbanisation : il protège aujourd'hui une part importante du rivage métropolitain.
Deux problèmes se sont ajoutés depuis. L'érosion côtière, qui affecte une part significative du trait de côte français et conduit à envisager la relocalisation de biens et d'activités. Et la submersion marine, dont l'élévation du niveau de la mer accroît le risque, plusieurs plans de prévention encadrent désormais la construction dans les zones concernées.
Les eaux de baignade font l'objet d'un contrôle sanitaire réglementaire pendant toute la saison, avec un classement en quatre catégories et un affichage obligatoire sur le site. Les résultats sont publics et consultables avant de partir.
Les fermetures temporaires proviennent le plus souvent de dysfonctionnements d'assainissement après de fortes pluies, quand les réseaux unitaires débordent. C'est un indicateur utile de l'état des équipements d'une commune.
Trois évolutions se dessinent. L'étalement de la saison, encouragé par les collectivités pour lisser la pression et sécuriser l'emploi, et facilité par le réchauffement, qui rend mai et septembre plus attractifs.
La recherche d'ombre et de fraîcheur, qui modifie l'aménagement des stations : végétalisation, ombrières, horaires décalés. Les épisodes caniculaires ont rendu la plage à midi nettement moins désirable.
Et la sensibilité aux milieux : dunes protégées et interdites au piétinement, laisse de mer conservée plutôt que ratissée, elle est un habitat et un rempart contre l'érosion, , herbiers de posidonie protégés en Méditerranée, avec des zones de mouillage réglementées. Ces mesures paraissent contraignantes, et elles conditionnent l'existence même des plages à moyen terme.